Trait-d'Union

« UNE TERRE PROMISE » De Barack OBAMA : 2- Du défi à YES WE CAN

Dans le début du deuxième chapitre, Obama évoque les conditions dans lesquelles il avait rencontré sa femme Michelle. Voilà ce qu’il dit d’elle : « Michelle La Vaughn Robinson exerçait déjà le droit quand nous nous sommes rencontrés. Elle avait 25 ans et elle était associée dans le cabinet Sidley & Austin, basé à Chicago, où je suis allé travailler l’été après ma première année de droit. Elle était grande, belle, drôle, pleine d’entrain, généreuse et d’une intelligence redoutable – et je suis tombé sous son charme au premier regard… »

Après le coup de foudre, comme toujours, ça a fini devant un curé et des invités pour sceller les liens à jamais. Michelle et Barack fêtent leur mariage le 3 octobre 1992. Obama avait rejoint déjà depuis quelque temps la ville Chicago pour travailler dans un cabinet d’avocats. Mais en réalité, il lorgnait pour un poste politique comme l’avait fait avant lui Harold le maire de Chicago. Il fit part de son intention à sa femme qui n’a pas été surprise de cette ambition mais elle était un peu réticente vu la perversité du monde politique. « Mais je peux toujours essayer, non ? ai-je répliqué en souriant. A quoi ça sert d’avoir un beau diplôme de droit si on ne prend pas quelques risques ? Et si ça ne marche pas, ça ne marche pas… », était la réponse d’Obama à sa femme.

Une fois la décision prise, Obama prit une année de disponibilité et se consacra durant un an à connaître les rouages des élections, qu’il désignait du vocable « projet Vote ». Pour connaître les coulisses des élections, il faut connaître du monde. Ce à quoi s’attela Obama durant cette année sabbatique. Mais voilà qu’une opportunité s’offre à lui au niveau du parlement de l’Etat de l’Illinois dont Chicago fait partie : «  Mais soudain, l’été 1995, une opportunité s’est présentée, à la suite d’un curieux enchaînement d’événements. Le député de la deuxième circonscription de l’Illinois à la chambre des représentants, Mel Reynolds, avait été mis en examen sous plusieurs chefs d’accusation…/… Si jamais il était reconnu coupable, une élection anticipée serait organisée pour le remplacé. » (Page 40).

Une course poursuite se mit en branle et Obama se jeta dans l’arène des vieux gladiateurs de la politique de l’Etat de l’Illinois. Pour un coup de débutant c’en fut un coup de maître. Il sera plébiscité et deviendra membre dans la chambre des représentants de l’Illinois. Il y siégera durant huit ans et fera le trajet Chicago Springfield (capital de l’Illinois) car Michelle ne voulut pas quitter Chicago.

Mais au moment où tout semblait rouler vers la réussite, de la lointaine Hawaï lui vint la douloureuse nouvelle. Sa sœur l’appelle en urgence pour lui annoncer la mort de sa mère. Il part pour Hawaï et ne revient qu’après avoir fait son deuil. A son retour à Chicago et Springfield, il ressent une monotonie dans ce qu’il fait car les autres sénateurs de l’Illinois le déçoivent. Il ne trouve pas vraiment des appuis pour réaliser son idéal de la « terre promise » dans un monde meilleur.  Et puis les USA comptent 50 Etats, et aucune personne dans les 49 autres Etats ne le connait encore… Que faut-il faire ?

Après des moments de flottements et de doute, le voilà qu’il décide de prendre le taureau par les cornes et de relever un nouveau défi. Le Congrès américain. «Pratiquement dès le départ, la campagne a été un désastre. Au bout de quelques semaines à peines, les attaques ont commencé à fuser du camp Rush ( son rival) : Obama est outsider ; il est soutenu par les blancs ; c’est un élitiste de Harvard. Et c’est quoi, ce nom – vous êtes sûr qu’il est noir ? » (Page 58).

Entre temps, sa femme accouche d’une petite fille qu’ils prénomment Malia Ann.

C’est dans l’avion qui le ramenait de Hawaï à Chicago qu’il sut sa défaite aux élections sénatoriales de 1999. Il avait presque 40 ans. « J’étais fauché, je sortais d’une défaite humiliante et mon couple traversait une passe difficile. J’ai songé, pour la première fois de ma vie peut-être, que j’avais pris un mauvais virage ; que les ressources d’énergie et d’optimisme que je croyais posséder, le potentiel sur lequel j’avais toujours parié, venaient d’être intégralement dépensés en pure perte pour une quête futile. Pire encore, j’étais conscient que ma prétention à me faire élire au Congrès m’avait été dictée non par je ne sais quel rêve désintéressé, l’ambition de changer le monde, mais par le besoin de justifier les choix que j’avais déjà faits à l’égard de ceux qui avaient réussi là où je n’avais encore rien accompli… Autrement dit, j’étais devenu exactement ce que je m’étais promis, quand j’étais plus jeune, de ne jamais devenir. J’étais devenu un homme politique –  et pas le plus brillant. » (Page 59).

Après l’échec cuisant qu’il eut durant le premier vote aux sénatoriales fédérales, le voilà qu’il rebondit quatre ans après et d’une manière plus que jamais porteuse d’un grand espoir.  Les trois mandats, de 1997 à 2004, au Sénat de l’Illinois l’ont aguerri. Et c’est justement en cette année-là, 2004, qu’il se fera connaître presque dans tout le pays lorsqu’il prononça son fameux discours en juillet 2004 (où il étala avec art son refus à la guerre d’Irak) lors de la désignation du démocrate  John Kerry à la candidature de la présidentielle de cette année. John Kerry n’y parvint pas à battre son rival républicain George W Bush, mais Barack Obama, étant candidat aux sénatoriales, se voit plébisciter d’un score plus qu’honorable pour un inconnu.  Il devenait le premier Sénateur Afro-américain de l’histoire des Etas Unis. Voilà ce qu’il dit pour son élection de 2004 comme Sénateur : « Etant l’un des plus jeunes élus, et jouissant d’un taux de popularité de 70 % dans l’Illinois, je pouvais me permettre d’être patient. A un moment, j’ai songé à l’éventualité de me présenter au poste de gouverneur ou même, oui, à la présidentielle, convaincu qu’un rôle d’envergure au sein de l’exécutif me donnerait les moyens de fixer le cap politique de mon choix. Mais pour l’heure, à 43 ans et alors que je faisais tout juste mes premiers pas sur la scène nationale, je me disais que j’avais l’avenir devant moi. » (Page 86).

Depuis cette date et ce fameux discours, l’appétit du mieux, à petite foulée, accompagna ses pas. Durant ce mandat de Sénateur, Obama aura à faire avec les durs de la politique, surtout ceux du camp des républicains. Il aura aussi fort à faire avec tous les récalcitrants et autres bureaucrates qui ont la main lourde sur les amendements de lois ou la distribution des budgets. Il voyagera aussi. De l’Irak à l’Europe. Ainsi que dans son pays, surtout lors de catastrophes naturelle, tels que les ouragans.

Quatrième chapitre :

En 2006, une brise du côté de la Maison Blanche pénètre dans le bureau du jeune Sénateur Afro-américain. Partout où il passe, on lui insigne la « chose ». Les médias l’acculent pour savoir s’il était partant pour les élections de 2008. Son assistant Pete lui trace une feuille de route. Et durant ces deux ans, Obama suivra un « régime » sans faute envers  les électeurs. La mayonnaise monte chaque jour un peu mieux. Mais… « Mieux valait s’abstenir, me disais-je. Faire mes preuves, engranger les reconnaissances de dettes, attendre mon tour… » (page 98).

Mais d’autres « mais », de sénateurs et d’amis bien aguerris en politique et jusqu’à Kennedy, le dernier frère de la caste des Kennedy, l’incite à se présenter à l’élection présidentielle de 2008. Malheureusement sa femme Michelle ne veut pas l’entendre de cette oreille. Et voilà ce qu’elle lui dit : « Michelle m’a interrompu, la voix étranglée par l’émotion : nous ? Je t’ai bien entendu dire nous ? Tu veux dire toi, Barack. Pas nous. C’est ton truc à toi. Je t’ai toujours soutenu, parce que je crois en toi, même si je hais la politique. Je hais le fait que ça empiète sur notre vie de famille. Tu le sais parfaitement. Et maintenant qu’on est enfin dans une situation à peu près stable… même si ce n’est toujours pas une vie normale, la vie que j’aurais voulue pour nous… et maintenant tu viens me dire que tu vas être candidat à la présidence ? » Mais quand le destin s’y prête…

Après un voyage en Afrique où il est allé voir le pays de son père, le Kenya et d’autres pays, peut-être pour se ressourcer ou quêter la bénédiction des magiciens africains, le voilà qu’il retourne en Amérique avec l’idée de se présenter aux élections présidentielles de 2008. Car là-bas en Afrique, on l’avait accueilli comme s’il s’agissait du véritable président des Etats Unis.

L’échec de la politique de Bush JR en Irak avait fait penser les américains à changer de cap. Les démocrates reprenaient du poil de la bête sur les républicains. Avec en sus les suffrages favorables, Obama pouvait s’engager avec quelques points en avance. Mais il faut, d’abord, gagner les primaires du parti démocrate. Et il y avait le cap Hilary Clinton à dépasser, car elle aussi voulait se présenter, et comme on le sait, avec l’apport de son mari ex président.

Cinquième chapitre :

En février 2007, Obama se lance dans l’arène des gladiateurs. Car en Amérique, les élections présidentielles c’est tout comme un combat de gladiateurs. Et gars à ceux qui ont le souffle court ou manquent d’endurance. Les américains aiment surtout le discours émotif. La réussite est assurée pour celui qui sait manier le verbe et titiller les sentiments. Et Barack Obama, qui avait déjà à son compte deux ou trois livres écrits, s’en donnait à cœur joie dans le style lyrique.

Obama choisit Joe Biden comme colistier (vice président) et comme slogan « Yes We Can » et avait comme adversaire John McCain.  Et les choses iront de mieux en mieux durant toute la campagne. Néanmoins, Obama et son staff auront fort à faire pour revenir dans les sondages quand son adversaire McCain désigna une femme comme colistière (vice présidente) et c’était une première aux Etats Unis. Et puis, cette femme était nouvelle, différente et ressemblait à tous les américains moyens. Obama devait trouver un moyen pour détourner les regards de cette intruse…

Chronique de Rachid EZZIANE, parue in Le Chélif N° 368

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