Trait-d'Union

Le Regard De La Joconde

Et si cela concernait son regard, plutôt que son sourire. Ce premier nous suit partout, à droite, à gauche et là où l’on va. Longtemps, j’ai scruté cette toile, en la toisant avec méticulosité, je me demandais pourquoi Mona Lisa se jouait de nous avec son petit sourire narquois. Où était sa force ? Tous […]

Et si cela concernait son regard, plutôt que son sourire. Ce premier nous suit partout, à droite, à gauche et là où l’on va. Longtemps, j’ai scruté cette toile, en la toisant avec méticulosité, je me demandais pourquoi Mona Lisa se jouait de nous avec son petit sourire narquois. Où était sa force ? Tous les gens disent que c’est son sourire, serait-il vrai ? Pourtant, moi, j’hésitais entre le sourire et le regard. C’est vrai que la figure avait été exécutée avec un talent de grands maitres. Cependant, pourquoi elle a suscité autant d’intérêt, et par quel truchement elle avait pu atteindre la célébrité ? Pour moi, une enquête, ou plutôt une contre-enquête s’imposait : je recherchais ses points forts en poussant loin l’investigation, afin d’en connaître les raisons qui ont fait sa force, son secret. Les enquêteurs italiens spécialistes en arts sont presque tous anonymes, comme quoi « La Joconde » que nous connaissons et qui est exposée au musée du Louvre, n’est pas la vraie ; mais cela est une autre histoire, car l’identité ne me concerne pas vraiment. Ce que je tente de savoir est plutôt le point nodal qui la rend tellement présente, tant humaine, et l’intérêt donc est de cerner ce qui peut nous rapprocher de la vérité. Serions-nous trompés sur son sourire ? Et ainsi, plus je la regardais, plus ce sont ses yeux qui me parlaient, plus que le sourire en tout cas. Et si cela concernait la prouesse du portrait ? Il se pourrait que le point fort soit le fait que l’artiste ait pu nous réaliser tout simplement un « portait » complet d’une personne. Le premier portrait droit de l’histoire, d’une personne. Ce qui était de l’inédit, puisque le culte de la personne, en ces temps-là n’avait pas encore émergé. Cela concernait la seigneurie, et le portrait était réservé aux rois, l’individu ne comptant pas sur le plan de la représentation. Sa force, en fait, aurait pu nicher là, en fait : dans la pose. C’est comme si Léonard de Vinci (le peintre) avait réussi accidentellement la prouesse d’offrir, pour la première fois à l’humanité, un portrait d’une personne, tel que celui que nous réalisons à l’aide d’un appareil photographique. Il venait de prédire la « pose » et ceci cinq siècles au moins avant la naissance de la technique. Le sourire des yeux existe aussi, ne l’oublions pas.

Auteur

80

Diplômé de l’Académie royale de liège (Belgique). Infographe 1992 chez ObjectifCom. Journaliste collaborateur, 1995, le Soir d’Algérie, El Moudjahid. Rédacteur en chef 2012 chez La Concorde. Éditorialiste 2015 chez Jeunesse d’Algérie. 2 Romans parus chez Amazone, « l’américaine d’en face », « Mira »

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