Trait-d'Union Magazine

Le parler algérien et la littérature

Le parcours bruyant du parler aveugle :

Historiquement, les anthropo-linguistes et les philologues qui s’intéressent aux anciens langages humains pensent que c’est le Berbère qui couronnait l’espace langagier oral en Afrique du Nord pendant l’ère antique. Ces chercheurs ont du mal à localiser cette langue dans le temps, mais le comptage chronologique effectif remonte à l’apparition des signes écrits. L’oral prend donc ses repères fictifs antérieurs en se référant à l’innovation de l’écriture, environ 3500 ans avant J-C. On suppose que le parler Berbère ait été accolé progressivement avec les autres langues parlées autour du bassin méditerranéen à travers les interpénétrations humaines du voisinage, des voyages, du commerce et des guerres. Parmi ces anciennes langues, l’Egyptien du peuple pharaonique, le Sumérien et l’Araméen en Mésopotamie, le Yiddish et l’Hébreu au Moyen-Orient ou alors les langues celtiques et baltiques qui tenaient lieu dans le vieux continent.

Le clonage des différentes cultures procède à chaque fois à l’écoulement de nouveaux langages intermédiaires pour réconcilier les interlocuteurs hétérogènes autour d’un parler commun. Ce panache langagier dérivé du Berbère a certainement été influencé par le Phénicien, le Grec et le Latin qui ont alternativement appréhendé le nord du Maghreb jusqu’à l’antiquité tardive. Un parler brassé avec ces multiples ethnies et leurs langues respectives s’est constitué au cours du temps. Avec la pratique et la généralisation de ce langage substrat, au début artificiel, il finit par se répandre en devenant une langue orale naturelle. A cause de la dominance de la langue latine, ce parler nord africain était désigné de langue « Punique de Numidie », par distinction de sa soeur punique parallèlement fonctionnelle en Europe.

La révélation du Judaïsme et du Christianisme au Maghreb a aussi renforcé l’oralité locale, pas seulement avec les idées religieuses et mystiques, mais également avec du vocabulaire hagiographique et historique. Plus tard, l’arrivée de l’Islam va complètement révolutionner le paysage socioculturel antique et imposer l’hégémonie de la langue arabe dans toute la région. Dans la foulée fantastique de l’islamisation de l’Afrique du Nord, l’ancien Punique sera arabisé et la langue arabe culminera énormément le parler local avec son lexique et ses structures syntaxiques.

Le parler occidental qui y régnait sera écrasé et oublié car la langue orale n’a pas de mémoire, elle ne retient que le glossaire des choses en cours. Elle s’invente et se reproduit tout le temps, elle assure sa continuité par sa mobilité constante et par la longévité de la culture qui l’enveloppe. Cette qualité de renouvellement et d’instabilité est une faiblesse qui fait que le langage oral ne soit pas admis comme une langue dans son sens complet. Cette dernière doit son titre de langue officielle grâce, justement, à sa forme statique, les changements qui l’atteignent n’affectent en rien son architecture fondamentale.

L’arrivée en Afrique du Nord des musulmans d’Andalousie après la chute de Grenade va sublimer le langage oral avec des termes maures qui rajouteront du sens et de la consistance à l’art du savoir parler. L’oral devient plus populaire que jamais sous la tutelle d’une langue arabe fabriquée, de niveau inférieur par rapport au classique, entachée de termes étrangers, rongée d’irrégularités grammaticales et parsemée de notions morphologiques hérités de l’histoire. Ce parler actif et très vulgarisé au Maghreb était nommé le « Meghribi », l’oral maghrébin.  

Dans la période moyenâgeuse, le pays a vécu l’intrusion séquentielle des Portugais, des Espagnols et des Turcs qui ont chacun laissé des traces de sa langue sur l’édifice substrat oral du « Meghribi ». Pendant ce temps, l’Arabe classique écrit régnait en maître dans les domaines scientifique, littéraire, social, historique, culturel et religieux. Mais le produit écrit n’était pas assez diffusé dans le pays, son usage était concentré dans les milieux intellectuels. Or, la majorité écrasante de la population était illettrée et les moyens de la connaissance n’étaient pas fréquents à cette époque.

L’envahissement de l’Afrique du Nord par le colonialisme dans les temps modernes n’était pas avec les armes seulement, c’était aussi avec la langue : le Français. Le pouvoir colonial a investi les gros moyens matériels, techniques et humains afin de normaliser sa langue dans la sphère linguistique algérienne. Le challenge est titanesque, mais l’exploit est une réussite à la fin. La langue française s’est frayée un espace abondant en introduisant la culture occidentale moderne dans un monde globalement fait de vieilles traditions ancestrales.

Du coup, le Français a bousculé l’Arabe et le Berbère qui sont réduits à des langages moraux et folkloriques, car ces langues ne possèdent pas le moyen logistique, humain et technologique pour faire face à l’agression langagière coloniale. Seul le parler algérien a tenu le bon profit de la langue française pour épancher son contenu de paroles de mode civilisé. Mais, le « Meghribi » francisée a complètement perdu son charme oriental et de son exotisme fantaisiste. Il est devenu un cafouillis de résonance occidentale mêlé à une audition orientale et à d’autres tamisages d’accents décousus.

Dans la confusion, le « Meghribi » change son nom et devient la « Daridja ». Un nom tiré du verbe arabe « Daridja » ou « Adardja » qui s’explique par « glisser » ou  « faire glisser » dans un sens plus ou moins figuré. Le qualificatif mérite sa place puisque la « Daridja » est conçue à partir du glissement de mots de différentes langues, et d’autres qui sont sommairement inventés, dans le récipient d’un même langage. Elle joue bien son rôle d’outil de contact rassembleur malgré toutes les circonstances. Elle est toujours vivante, toujours en évolution, malgré les attaques concédées de toutes parts durant le cheminement de son itinéraire. Il ne lui manque que l’écriture pour se joindre à l’univers prestigieux de la littérature. Toutefois, à voir son pesant social et sa popularité presque totale dans la société algérienne, on se demande si la « Daridja » n’est pas déjà inscrite depuis longtemps dans le catalogue littéraire malgré sa condition orale.   

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Parole et écrit, incompatible mais vrai

Lorsqu’on compare le parler algérien et la littérature, on distingue vite une incompatibilité entre les sens de ces deux matières. D’un côté, le parler est un exercice oral qui n’a pas d’écriture et qui peut être transcrit phonétiquement avec n’importe quel autre alphabet. Sans lois syntaxiques ou règles linguistiques, l’oralité repose son objectif sur le champ contextuel et sémantique, sans se soucier de la manière linguistique des formulations discursives. Estimé comme un langage véhiculaire façonné avec des manipulations langagières sommaires, le style verbal est donc rangé dans la case des « non-langues ».

D’un autre côté, il y a la littérature, laquelle nécessite le matériau d’une langue littérale pour se concevoir une existence. Compte tenu de cette observation comparative, l’interrogation qui peut surgir se pose sur la possibilité, ou non, de faire de la littérature avec une « non-langue ».

Autrement dit, peut-on produire de la littérature avec le parler algérien, avec la « Daridja » ?  Difficile de cerner la signification exacte du mot « oralité », cette communication sonore émise par la voie buccale et qui ne possède pas de traces graphiques objectives. Pour obtenir une idée relativement précise de l’oralité, il est recommandé de faire recours à son adjectif afin de cadrer le « signifié » dans un concept déterminé : tradition orale, discours oral, examen oral ou bien invitation orale. Mais, ce mot est souvent matérialisé en comparaison avec son contraire qui est le mot écriture. Parler et écrire, ne sont-ils pas les deux revers de la même médaille ? Existe-t-il donc une littérature orale ? Une « Daridja » littéraire ?

La littérature est une discipline intellectuelle appliquée par le moyen de la langue, alors que, d’un avis académique, le parler algérien n’en est pas une. Les conclusions des spécialistes en lettres divergent sur la fixation des dialectes parlés entant que langues et sur l’hypothèse de leur attribuer les valeurs exclusives du domaine littéraire. 

Selon Claude Favre de Vaugelas, grammairien et sociologue français (1585-1650), l’un des fondateurs de l’académie française, la non-langue ou l’oral serait conciliable avec l’exercice littéraire. Il pense que l’oral et l’écrit sont mutuellement assimilables et que l’écart entre ces deux voies de communication est un creux qui réside dans l’imaginaire collectif.

En effet, depuis l’invention de l’écriture et sa majoration comme un agent entraîneur de civilisation impérieux, ce département était d’abord la propriété de l’élite lettrée seulement. L’écrit était désigné de « beau langage ». Le commun du peuple était, pour longtemps, minoré au stade primaire de l’audition. Cette séparation des styles de communication, discriminatoire dans son fond, est ancrée dans la psyché humaine. Les humains la relayent comme un héritage d’ère en ère, le conflit silencieux de langue et non-langue demeure un sujet d’étude qui n’a toujours pas trouvé une résolution définitive.

Le grammairien estime encore que, chez l’oral comme chez l’écrit, il y a le beau et le mauvais langage. L’art graphique qui fait défaut à la forme orale peut bien être compensé par la bonne qualité de la parole : pureté du discours, clarté des idées, bienséance de l’élocution, élégance de l’accent et même par la belle manière des gestes visuels.

En conséquence, si l’on se réfère à l’étude de Favre de Vaugelas, le parler algérien peut bien prétendre à sa qualification au rang honorifique de littérature orale, d’autant plus que la « Daridja » n’est pas un sociolecte de proximité mineure, mais bien un langage populaire qui couvre tout le pays et même toute l’aire linguistique maghrébine. Mieux encore, la « Daridja » est infiniment engorgée de lexique arabe et français pour s’étendre en dehors de ses frontières politiques.

Pis encore, le parler algérien est suffisamment performant avec des facultés langagières ingénieuses pour traduire formellement toutes sortes d’émotions humaines. Aussi, Il dispose royalement des grandes fonctions communicatives allouées aux langues ordinaires. Il est informatif, distractif, éducatif et aussi instructif.

On reproche souvent à la « Daridja » son absence des milieux techniques et scientifiques, c’est peut-être une des raisons pour lesquelles l’oral n’a pas acquis de siège confirmé dans le podium littéraire. Du moins, cette omission n’est pas le fait d’une incompétence ou d’une ignorance, mais la circonstance des accords socioculturels régis par les intérêts de la communauté elle-même. Finalement, le parler comme l’écrit sont le reflet automatique des liens complexes qui existent entre les locuteurs et la vie.

De son côté, l’écrivain français Roland Barthes (1915-1980), philosophe, sémiologue et critique littéraire, conforte la probabilité de faire de la littérature avec du matériau oral. Il met en face le savoir en tant que science et la littérature qu’il regarde comme un patrimoine culturel universel qui n’a pas de limites.

Pour Roland Barthes, l’écriture est recadrée dans un langage limite, elle ne fait que reproduire un contenu signalé d’abord par la pensée et les réactions orales. L’écriture traduit le savoir qui réfléchit sans cesse sur le savoir lui-même. Contrairement à l’expression orale émotive et authentique, l’écriture n’est pas aussi fidèle à la vie. Il arrive qu’elle ôte à la littérature ses vertus de divertissement, d’exotisme et d’appropriation identitaire. 

Dans son roman « Les ancêtres redoublent de férocité », l’écrivain algérien Kateb Yacine revendique la valorisation légitime que l’autorité politique doit réserver aux langages parlés algériens. Pour lui, le parler algérien, qu’il soit berbère ou « Daridja », est une marque d’identité et de citoyenneté irréversible.

Mais, malgré la reconnaissance des aptitudes littéraires, culturelles et identitaires dont jouit le langage oral certifiée par ces éminents hommes de lettres et d’autres, l’oralité dans la littérature reste un objet discuté qui traverse les siècles.

Selon Bruno Ronfard, critique littéraire canadien, dans une étude au magazine littéraire Parisdbd, Taha Hussein, l’un des ténors de la littérature arabe contemporaine (1889-1973) aurait écrit à propos du parler algérien que c’est un langage dialectal qui ne peut pas avoir de représentation dans le monde intellectuel. L’écrivain égyptien est favorable pour la modernisation de la langue maternelle, plutôt que l’officialisation des jardons oraux qu’il juge pauvres et même notoires.

Beaucoup d’autres linguistes partisans du courant puriste revendiquent la purification de la langue des éléments externes à sa conception classique. Ainsi, les mots emprunts des autres langues, les néologismes (nouveaux mots inventés), les tournures syntaxiques faussées, les transcriptions orales et d’autres abus du langage sont refoulés de la langue et de la littérature.

Le purisme est un mouvement linguistique qui se hisse comme le défenseur de la langue littéraire contre d’éventuelles pénétrations orales qui tendent à l’appauvrir ou à menacer son intégrité. Il s’approprie le statut de l’art qui dépollue, préserve et embellit l’environnement linguistique, et par la même la littérature. Mais, ce mouvement conservateur est très critiqué par des romanciers et des adeptes de l’école surréaliste qui l’accusent de retardataire par rapport aux changements culturels qui se produisent incessamment dans le monde. La langue et sa littérature s’épanouissent par et pour d’autres langues, qu’importe si l’exploitation des mots étrangers soit appliquée, ou si l’oral épouse la vocation de fournisseur de littérature.

L’oral, une littérature qui refuse de dire son nom

De toutes les façons, le parler algérien est un langage assez spécial qui a officieusement dépassé les limites de l’état de non langue. Sans évoquer Tamazight qui, malgré vents et marées, s’est déjà affirmé comme une langue officielle à part entière, l’autre langage parlé s’est aussi affermi une importance capitale dans le filet communicatif social.

En effet, la « Daridja » n’a pas attendu l’approbation des modernistes ou l’interdiction des puristes pour s’infiltrer dans la littérature algérienne. Le « Meghribi » en place pendant l’époque ottomane était exploité par la poésie algérienne depuis le 16eme siècle, tel que l’attestent les qassids mythiques de Sidi Lakhdar Ben Khlouf ou les quatrains légendaires de Abderrahmane El Mejdoub. Chaque siècle a révélé ses grands poètes dont les œuvres se relayent jusqu’à présent. A titre d’exemple : Mohamed Ben Msayeb au 17eme siècle, Mustapha Ben El Kababti au 18eme ou Mohamed Ben Guitoune au 19eme. D’autres ont pris la relève pendant l’ère coloniale et un nombre considérable de jeunes poètes déclament des poésies en « Daridja » dans le temps présent.

Le patrimoine littéraire oral algérien est très opulent en matière de poésie.

La littérature s’enorgueillit de ce trésor immatériel poétique officiellement énuméré au titre de patrimoine populaire national.

Un département universitaire s’occupe des études de cet héritage ancestral afin de restaurer la mémoire collective et de préserver cette richesse langagière intacte.

La poésie orale algérienne a vécu deux grandes phases historiques apparentes dans la qualité du lexique du parler, dissemblables d’une période à l’autre. L’époque du « Meghribi » était dominée par l’Arabe comme langue motrice enchevêtrée d’un contentieux de Berbère et d’autres infiltrations sahariennes et méditerranéennes. Le « Meghribi » était très proche de la l’Arabe littéral.

Deux types de poésies formaient le parler artistique algérien « Meghribi ». Le « Hadri », le civilisé, concentré dans les zones urbaines, il sera un support parolier pour le chant Andalous, Malouf et Chaâbi algérois. Le « Melhoun » ou le « Aroubi » sera un réservoir de paroles pour la musique bédouine et saharaouie. Ce genre poétique est dispersé dans les régions rurales et dans le vaste désert au sud.

La deuxième époque est celle de la « Daridja ». Développé pendant l’ère coloniale, le langage parlé a massivement reçu l’ancrage de la langue française. Cette transformation linguistique et culturelle a engendré un langage typiquement algérien, une mosaïque langagière dans laquelle l’Arabe comme le Français perdent beaucoup de leurs designs académiques. Pauvre d’esthétique et d’ordre, la poésie de la « Daridja » a quand même profité à la musique moderne algérienne, au Ray en particulier.

En plus de la poésie, le terroir artistique oral algérien contient une formidable pléiade de filières littéraires transmises à travers les générations par le mécanisme oral.  Il englobe les contes, les adages, les devinettes (bouqalat), les blagues et les récits de tous genres.

Dans les temps modernes, la « Daridja » n’a pas manqué d’investir la dramaturgie théâtrale et les dialogues cinématographiques. Elle est présente dans les débats audiovisuels et dans les différentes rencontres culturelles.

La « Daridja » est audacieuse. Elle fait ses premiers pas dans l’écriture avec des transcriptions arabes ou latines, grâce à la production de recueils de bandes dessinées et l’élaboration de plusieurs dictionnaires bilingues édités avec un ensemble de lexique qui unifie la majorité des locuteurs. Les internautes bénéficient aussi de l’apport de ce langage oral pour émettre toutes sortes de discours écrits en charabia à travers les réseaux sociaux. 

Aussi, le parler algérien a depuis longtemps été proposé comme une langue d’enseignement au primaire. Mais, ces tentatives ont toujours reçu le refus des instances concernées, notamment à cause d’affinités régionales et idéologiques et aussi par l’absence d’une volonté politique concrète. Sinon, l’oral est là, il est partout, même dans la littérature. Il attend juste que sa présence soit légalisée et qu’il soit gratifié selon le mérite des efforts qu’il fournit dans le fonctionnement de la société.

Sources :

  1. « Remarques sur la langue française » de Favre de Vaugelas (Editions Ivrea 1996).
  2. « Le bruissement de la langue » de Roland Barthes (Editions du Seuil 1984).
  3. Etude de Bruno Ronfard : « Les cultures en dialogue » de Taha Hussein. Magazine littéraire Parisdbd (1995)
  4. « Les Ancêtres redoublent de férocité » de Kateb Yacine, Paris, collection TNP, 1967.

Auteur

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Abdelkader Guerine est un poète et écrivain algérien auteur de plusieurs recueils de poésie parus chez Dar El Gharb. Il est aussi journaliste après une longue carrière dans l'enseignement. Passionné aussi par l'art, il a fait également ses débuts dans la peinture pour exprimer des émotions étrangement douloureuses pour teindre les mots de couleurs riches de vie. Après son premier recueil, l'Ombre de l'eau, où l'auteur essaie de traduire poétiquement l'existence comme un cadeau dont l'homme n'est jamais satisfait, il n'est pas maître d'un destin qu'il n'a pas choisi, il subit le temps et passe comme une ombre à coté de la vie. L'Ombre de l'eau voulant simplement dire l'ombre de la vie. La Fumée du vent est un deuxième recueil que le poète livre avec des images somptueuses de rêves joyeux que la réalité ne sait pas admettre, car la vie est trop courte et éphémère pour porter le bonheur que l'éternité entière n'a jamais réussi à définir correctement.

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