Trait-d'Union

Langues étrangères : Échec et médiocrité

De nos jours, l'apprenant dispose de tous les moyens et outils nécessaires lui permettant d'acquérir et assimiler de multiples savoirs dans divers domaines. L'apprenant reçoit des formations, qualifiantes ou non, qu'il pourra parfaire par la suite grâce à un certain nombre d'efforts déployés tout en recourant aux technologies d'apprentissage récentes. Mais la réalité est toute autre et peut parfois s'avérer amère !

Pour commencer, il faut avouer que la clé de toute carrière réussie est, bel et bien, l’apprentissage d’une ou plusieurs langues étrangères. La raison est simple et ne requiert nullement les vieilles interprétations relatives à l’analyse et à l’étude théorique. Il s’agit de l’époque moderne qui, en donnant lieu à une mondialisation impitoyable, a engendré un changement radical sur tous les plans. Être monolingue aujourd’hui veut dire être loin de tout ce qui s’opère à travers les quatre coins du globe. La vie moderne repose en grande partie sur  » le principe d’échange  » qui oblige toute personne impliquée à être en mesure de communiquer avec l’autre afin de rendre les relations plus étroites et plus sûres à tous points de vue.

Le constat que nous dressons est décevant et ne donne plus aucun espoir. Une simple étude suffit pour témoigner du niveau de nos compatriotes en langues étrangères. Si on prend, à titre d’exemple, les étudiants universitaires, dont le nombre est en constante évolution, on s’aperçoit qu’ils ont énormément de difficultés à s’exprimer et/ou à rédiger un texte en utilisant une langue étrangère. Nos étudiants, notamment ceux qui suivent un cursus scientifique, accusent assez souvent de considérables retards dans l’achèvement de leurs travaux de recherche à cause des obstructions que constituent les références disponibles en langues étrangères. Et à partir de là, il devient plus essentiel pour l’étudiant d’accélérer le rythme de travail au détriment de la qualité de son projet de recherche ; il se focalise désormais sur le nombre d’informations collectées peu importe s’il saisit le sens de ce qu’il  » copie et colle « . Au final, il aura certainement achevé son projet, mais il lui sera, sans nul doute, quasiment impossible d’assimiler toutes ces informations obtenues à la hâte ! Et après un certain nombre d’années d’étude et de recherche sur la même lancée, l’étudiant décroche un diplôme qui ne reflètera jamais son niveau réel. Et là, c’est une réussite qui donne naissance à un échec frappant !

À qui incombe la faute ?

Le problème est d’une complexité des plus déconcertantes, chose qui rend l’identification du premier responsable de cette situation encore plus difficile. Primo, l’élève suit un parcours scolaire où les langues étrangères lui sont enseignées comme étant des matières secondaires auxquelles il ne faut pas accorder trop d’importance. Personne n’est là pour le sensibiliser à la nécessité d’apprendre une langue étrangère qui lui sera d’un grand apport. Mais une fois à l’université, l’étudiant découvre un tout autre système d’enseignement basé sur une langue qu’il ignore. Tout de suite il se rend compte que ses connaissances ne vont pas servir à grand-chose. Trop tard ! Il se retrouve désormais dans une situation quasi inextricable, et il finit par se mettre à essayer, tant bien que mal, d’y remédier.

Secundo, la politique de l’État en matière d’enseignement des langues étrangères est archaïque et ne répond plus aux exigences de l’école moderne. La langue étrangère est souvent enseignée selon une doctrine rigide qui ne croit qu’au nombre de cours dispensés tout au long de l’année scolaire. L’intérêt de l’élève, son environnement et ses besoins ne sont jamais pris en considération. De plus, les parents, par inconscience ou insouciance, ne jouent pas leur rôle comme il se doit. Ils n’orientent plus leur progéniture vers de nouveaux horizons, optant ainsi pour une formation classique médiocre basée uniquement sur le savoir véhiculé par le Ministère de l’Éducation à travers un système déjà tombé en désuétude.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire

Il est temps pour nous de nous rattraper de nos erreurs passées. Nous devons agir ensemble afin de mettre un terme à cette situation qui continue de pénaliser l’ensemble de nos disciples dans les différentes disciplines. Il serait de bon aloi de procéder à l’enseignement des langues étrangères selon des programmes ambitieux adaptés aux besoins spécifiques et généraux des apprenants et aux particularités de chaque région. L’utilisation des technologies récentes en la matière pourrait apporter un plus non-négligeable. Par exemple, si nous créons des salles d’écoute, au sein de nos différents établissements scolaires, destinées à développer les capacités de compréhension et de communication, les résultats seront beaucoup plus satisfaisants que prévu.

L’apprenant se familiarisera avec la nouvelle langue qu’il est en train d’apprendre et, conséquemment à cela, il ira de l’avant dans le processus du perfectionnement.

Il faut noter également que l’introduction de la traduction dans le programme scolaire à partir du cycle secondaire aidera l’élève, en premier lieu, à faire la différence entre le génie de sa langue maternelle et celui de la langue étrangère qu’il apprend. En deuxième lieu, il sera capable de traduire de et vers sa langue maternelle tout en ayant l’opportunité d’avoir une idée plus ou moins claire à propos des particularités relatives à la culture, à la civilisation et au mode de vie de ceux qui parlent cette langue en tant que langue maternelle.

Pour exister réellement dans ce monde et être en position de mettre en place quelque chose de nouveau, une seule langue ne suffit pas. Il faudrait apprendre une seconde langue. Une langue qui soit prépondérante. A bon entendeur, salut !

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