Trait-d'Union

I LAÏC ALGERIA

Depuis l’indépendance, la scène politique algérienne a connu une évolution remarquable. Commençant par le projet socialiste du deuxième président algérien Houari Boumediene qui, avec l’aide de l’Union des républiques socialistes soviétiques URSS, a essayé d’appliquer sa vision de gauche en Algérie, pendant deux quinquennats. Par la suite, c’était à son successeur Chadli Benjedid de prendre […]

Depuis l’indépendance, la scène politique algérienne a connu une évolution remarquable. Commençant par le projet socialiste du deuxième président algérien Houari Boumediene qui, avec l’aide de l’Union des républiques socialistes soviétiques URSS, a essayé d’appliquer sa vision de gauche en Algérie, pendant deux quinquennats. Par la suite, c’était à son successeur Chadli Benjedid de prendre la relève afin de mener à bien le projet socialiste du feu Boumediene. Sa gouvernance était marquée par la désillusion du système socialiste un peu partout dans le monde, ainsi que la crise économique des années quatre-vingts qui a touché les pays socialistes. Ceci provoquera en Algérie, une réforme constitutionnelle qui a ouvert la porte pour la première fois non seulement au multipartisme, mais aussi à la liberté de presse. Avec cette réforme, de nouveaux partis sont immergés et devenus de véritables concurrents au fameux et ancien parti unique Front de Liberté National FLN. Le Front Islamique du Salut FIS, un nouveau parti crée par un groupe d’imams et sympathisants du projet de l’état islamique et présidé par une figure connu de la révolution algérien Dr. Madani ABACI, a remporté les élections municipales de 1990, puis le premier tour des législatives en 1991, un message haut et fort : le peuple Algérien veut un État islamique. Tout avait l’air de passer comme une lettre à la poste sauf que ça s’est passé une chose, inattendue certes de la part des alias d’ABACI et Ali BENHADJ, mais bien planifié par l’État profond : les chefs de l’armée, dont la majorité est des DAF (déserteurs de l’armée française), décident d’annuler le deuxième tour des législatives et du coup lancer un processus de répression contre le FIS, ses partisans, et même ses sympathisants. Cette évolution politique et cette ouverture, qui fut à peine vue le jour deviendra le pire cauchemar du peuple depuis son indépendance et projettera par la suite l’Algérie dans ce qui était connu par la suite par le nom de : la décennie noire.

La violence, le terrorisme et la peur régnaient dans, pratiquement, les 4 coins du pays jusqu’à l’arrivé de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika à la tête du gouvernement, en 1999 et qui mènera une politique de paix, ainsi que de réconciliation pour reconstruire l’Algérie. Il est resté à la tête du pays durant vingtaine années qui se résument par un méli-mélo politique, dans la mesure où plusieurs systèmes politiques ont étés adoptés à la fois, sans pour autant être respectés. Le pays passe du socialisme au capitalisme, qui tend à l’islam politique, puis vers l’autocratie à la démocratie totalitaire. Aujourd’hui, après les quatre mandats de Boutef, le pays et son peuple sont devenus des schizophrènes politiques.

Quel futur pour l’Algérie ? Quel système politique sied le mieux au pays ? Est-ce que la Laïcité est l’ultime recours pour préserver la démocratie ?

L’Algérie de demain est dans la préoccupation de tous les Algériens qui désirent voir le pays dans des jours meilleurs. Avec le début du Hirak, l’idée de bâtir la nouvelle Algérie avec des principes laïcs a fait couler beaucoup d’encre, à vrai dire, l’idée d’appliquer la laïcité dans le pays est présente depuis la fin de la décennie noire. La terreur liée aux islamistes a laissé une profonde blessure dans la conscience des Algériens et il est vrai que la Laïcité permet, sans équivoque, de préserver la démocratie du pays, ainsi que de garantir la prospérité de la religion et des religieux au sein de l’État.

En effet, on est loin de la représentation faite par certaines franges de la société algérienne qui considère, et promeut, la laïcité comme synonyme d’Athéisme. Une confusion assez récurrente qui induit en erreur un tas de gens et les pousse à mal régir une fois la question « laïcité » est abordée. Or, la laïcité est non pas le fait de renier dieu et sa religion, mais d’accepter toutes les religions au sein d’un même État sans différencier entre-elles, voir sans les aborder comme sujet.

En plus d’accepter les autres religions, l’État se doit d’être neutre et ne peut en aucun cas intervenir dans le discours religieux, ainsi que la question de la religion dans la société. Ceci évite à la religion de se mélanger à la démocratie et vis-versa, car il est impossible d’appliquer les deux à la fois, à moins de transgresser certaines lois de part de l’autre. L’histoire nous a démontré, et non pas seulement la nôtre, que c’est deux notions ne peuvent nullement être appliquées en même temps, cependant, elles peuvent coexister, sans que l’une ou l’autre représente un danger pour la sureté du peuple.

Ainsi, la laïcité ne cherche nullement à chasser Dieu de l’État, mais de réconcilier la politique avec la religion, tout en préservant le citoyen. Celle-ci est un excellent moyen pour garantir le respect de la démocratie et de la religion en Algérie, cependant, il faut le dire en toute impunité, le problème de l’Algérie est plus profond qu’un simple système politique. C’est un problème d’ordre culturel et éducatif qui doit être résolu au préalable avant d’entamer les autres questions : politiques, économiques etc.

Par Yacine BOUGHRIET, Blogueur letempledulivre.over-blog.com

Chronique parue dans la première édition de Trait-d’Union magazine.

Lisez Trait-d’Union magazine 1 : traitdunionmagazine.com/numeros/tu1/

Photo de Farouk TOUMI: instagram.com/kouraftoumi/

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