Trait-d'Union

« Héritage d’Algérie » rend hommage au regretté Mohamed Boudia : Le rappel d’un parcours et des promesses de maintenir le flambeau allumé.

Ce mardi 12 janvier 2021 est un jour particulier pour les hommes de lettres et de culture chélifiens. Une rencontre intellectuelle tint enfin lieu après de longues saisons d’absence à cause de la platitude culturelle rituelle et, en partie, en raison des mesures préventives imposées par la crise sanitaire actuelle. L’événement qui s’est déroulé dans un climat de bonne convivialité avait pour objectif principal de rendre hommage au regretté Mohamed Boudia, décédé en novembre dernier à l’âge de 76 ans.

Pour la mémoire, M. Boudia Mohamed est un écrivain qui est né et qui a grandi à Chlef, une région à laquelle il réserve une affection sans mesure et un attachement de complicité sincère, régulièrement traduit par ses nombreux écrits qui couvrent le patrimoine local dans ses moindres détails. Retraité du corps de l’enseignement, le défunt a exercé, aussi bien en tant qu’enseignant de langue que de cadre administratif dans ce secteur, avant de se consacrer totalement à la culture en général et à la littérature spécialement. Connu pour son dynamisme dans le champ culturel à l’échelle locale et nationale, l’auteur a à son actif de nombreux romans, essais, études, articles de presse, ainsi que de multiples sites web destinés à l’instruction des nouvelles générations. Modeste et aimable, M. Boudia suscite l’estime de tous les gens qui le croisent, avec sa courtoisie, sa sociabilité et son verbe facile. Présent, il faisait la grande foule, absent, son âme garde toujours son caractère de rassembleur avenant.    

La pluie a arrosé la ville pendant toute la nuit, mais ce mardi matin est éminemment annoncé par une éclaircie ensoleillée, digne d’un jour printanier malgré l’effluve de sa fraîcheur hivernale. Les retrouvailles amicales réchauffent les cœurs autour de l’esprit de familiarité creusé profondément par le passage du regretté Mohamed Boudia dans la mémoire de chacun des présents. Chacun en garde un beau souvenir, chacun a fait avec lui un bout de chemin dans ce monde fait de lettres, d’actes et de principes. La rencontre, conçue pour saluer avec respect l’âme de « 3ami Moh », est une occasion pour attester que cette âme a peut-être disparu, mais qu’elle ne sera jamais oubliée. L’occasion coïncide avec  le jour férié du nouvel an Amazigh, cette providence festive apaise la douleur de l’absence et donne l’impression que le défunt n’est jamais parti, qu’il est toujours là avec son aura aimante.

L’initiative de cette rencontre louable est organisée par l’Association Nationale « Héritage d’Algérie », à sa tête son président M. Mustapha Alouache, en collaboration avec la Direction de la Culture de Chlef et le Musée Abderrahmane Meziane de cette ville qui abrita cet événement. Les représentants de Ténès et de Tiaret qui sont affiliés à l’association sus-citée ont tenu à marquer leur présence à cette rencontre.

Rappelons que « Héritage d’Algérie » dont le siège se situe à Bouira, et dont M. Boudia était le vice-président de son directoire, est une institution associative nationale active depuis 2012 qui couvre une trentaine de wilaya. Elle s’intéresse de près au patrimoine matériel et immatériel du pays à travers l’organisation de journées d’études, de colloques périodiques ou de randonnées expectatives dont l’intérêt porte sur l’histoire, l’archéologie, l’anthropologie, la littérature et les arts. L’objectif de ses actions est la mise en valeur de toutes les formes du patrimoine historique national, la préservation et la restauration des anciens vestiges notamment.  Au-delà du cadre scientifique, « Héritage d’Algérie » étend son mouvement au domaine du tourisme, de l’artisanat, de la culture et à celui de l’environnement.  

En plus des membres de la famille du défunt et des amis du café littéraire de Chlef dont M. Boudia était aussi le parent, le corps associatif, universitaire, sportif, médiatique et celui des anciens moudjahidine ont également fait partie de cette manifestation mémorable. Tous les intervenants qui ont pris la parole ont tour à tour témoigné de la bonhomie de l’homme. Eclairé et riche de savoir et de culture, il ne s’est jamais résigné à partager ses connaissances au cours de ses conférences ou lors de ses passages radiophoniques et de ses apparitions télévisées. Fier mais pas orgueilleux, avec l’esprit d’un patriote nationaliste, il s’est toujours battu contre l’injustice et la médiocrité. Altruiste et entreprenant, il n’a jamais épargné l’effort pour assister les artistes qui émergent dans les différentes disciplines et même d’apporter son soutien en participant à diverses actions sociales.

Toutefois, le plus grand héritage légué à la population chélifienne par M. Boudia demeure le café littéraire que le défunt qualifiait de « son enfant ». Il en était l’initiateur et le père spirituel. Les adeptes de ce club culturel, présents en masse à cette commémoration pieuse, ont exprimé la promesse de pérenniser l’existence de cet espace d’échange de réflexions, de distraction artistique et d’animations culturelles comme un devoir de mémoire envers l’âme du défunt et une dette morale à rendre à la mère nation.

La rencontre s’est conclue par une collation friande et des prises de photos en souvenir de cette journée exceptionnelle, émouvante par son atmosphère dévot et utile par la réconciliation rétablie avec les anciennes perspectives. Un vif remerciement est adressé à «  Héritage d’Algérie » en reconnaissance à cette allant honorifique mondain. Une prière collective est émise à la fin pour que l’âme de M. Mohamed Boudia puisse reposer en paix. Nous sommes à Dieu et c’est vers lui que nous retournerons.

Auteur

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Abdelkader Guerine est un poète et écrivain algérien auteur de plusieurs recueils de poésie parus chez Dar El Gharb. Il est aussi journaliste après une longue carrière dans l'enseignement. Passionné aussi par l'art, il a fait également ses débuts dans la peinture pour exprimer des émotions étrangement douloureuses pour teindre les mots de couleurs riches de vie. Après son premier recueil, l'Ombre de l'eau, où l'auteur essaie de traduire poétiquement l'existence comme un cadeau dont l'homme n'est jamais satisfait, il n'est pas maître d'un destin qu'il n'a pas choisi, il subit le temps et passe comme une ombre à coté de la vie. L'Ombre de l'eau voulant simplement dire l'ombre de la vie. La Fumée du vent est un deuxième recueil que le poète livre avec des images somptueuses de rêves joyeux que la réalité ne sait pas admettre, car la vie est trop courte et éphémère pour porter le bonheur que l'éternité entière n'a jamais réussi à définir correctement.

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